Difficile d'expliquer le succès sans cesse renouvelé de ce grand rassemblement populaire.
Certains historiens affirment que l'histoire du carnaval est liée aux fêtes (les foyes) données par les armateurs lors des départs pour la pêche à Islande. En effet, lors du départs pour ces campagnes de pêche, les navires étaient moins sures que ceux d'aujourd'hui, il était pas rare de ne pas revoir sa famille et d'y rester. De plus, il s'agissait de longues campagnes de peches de plusieurs mois.De ce fait les armateurs des navires organisaient des fêtes avant le départ pour que les marins puissent se défouler une derniere fois avant la la penibilité de ces longs mois de peche. Durant ces fetes, les marins en profitaient pour s'amuser en famille, ou profiter de la vie, au cas ou ce serait la derniere fois. Avec le temps les costumes de fetes devinrent des déguisements, il n'y avait plus de rang sociaux, armateurs et marin faisant la fete ensemble. Toutefois, vers la fin du XVIIIe siècle, les armateurs commencent à se désengager vis-à-vis de cette coutume et les marins profitent alors de l'aubaine que représente le temps du carnaval pour anticiper leurs journées récréatives. Dès le début du XIXe siècle, le port de Dunkerque affiche déjà l'un des carnavals les plus originaux de France. D'autres réfutent cette hypothèse. Peu importe, les origines du carnaval se perdent dans la nuit des temps mais les Dunkerquois font, aujourd'hui encore, la bande comme une évidence, comme ils marchent ou respirent. A un détail prés : le carnaval ne se fait pas sans y penser; l'affaire est d'importance.
Pendant des heures, les carnavaleux vont rafistoler leur costume, réinventer leur maquillage, décorer leur parapluie, économiser pour faire chapelle... Et la fête peut commencer.
Tibias labourés, poitrines écrasée, odeurs mêlées de transpirations et de hareng fumé, hommes poilus en porte-jarretelles, musiques traditionnelles, roll mops, potje vleesch et bière... Le décor est planté et pourrait effrayer les plus téméraires. Mais le carnavaleux baigne dans cette atmosphère comme un poisson dans l'eau. Chacun apporte son entrain, son imagination à la folle ambiante et se sent dépositaire de l'âme dunkerquoise : c'est ainsi que le masquelour avance fièrement, la poitrine bombée, la tête droite, le parapluie brandi bien haut.
Le sentiment d'appartenance à une histoire, à une terre et à une population est très fort et culmine lorsque les Dunkerquois offrent, à genoux, un vibrant hommage à Jean Bart, héros de la cité. Le carnaval possède ses temps forts et ses grands personnages mais chacun vit la fête à sa façon dans les chahuts, dans les chapelles, dans la rue, au balcon, au kursaal...
Le carnaval, ça ne s'explique pas, ça se vit !
